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Guide · Gestion

Les KPI indispensables pour piloter un restaurant

Un chiffre seul informe. Un chiffre comparé permet de décider.

Sept indicateurs suffisent à comprendre une exploitation. Pour chacun : ce qu’il mesure, sa formule, un exemple, comment l’interpréter, et l’erreur qui revient le plus souvent.

Les sept qui comptent

Chiffre d’affaires HT

Ce que vous encaissez, hors TVA. C’est la base de tous les ratios : les comparer à un CA TTC les fausserait d’environ dix pour cent en restauration.

CA HT = CA TTC ÷ (1 + taux de TVA)

46 200 € TTC en TVA à 10 % font 42 000 € HT.

Comment le lire —
Toujours contre la même période de l’an dernier. Un mois de mai ne se compare pas à un mois de février.
Erreur fréquente —
Suivre le CA TTC parce que c’est ce que montre la caisse. Tous les ratios deviennent alors flatteurs.

Nombre de couverts

Le volume réel de clients servis. Il explique la plus grande part des variations de chiffre d’affaires.

Couverts = somme des convives servis sur la période

1 400 couverts sur un mois de 26 jours d’ouverture, soit 54 par jour.

Comment le lire —
Avec le CA. Un CA en baisse à couverts stables et un CA en baisse à couverts en chute n’appellent pas les mêmes décisions.
Erreur fréquente —
Compter les réservations au lieu des personnes réellement venues. Les absences et les annulations tardives disparaissent alors du calcul.

Ticket moyen

Ce que dépense un client en moyenne. Il dit si un bon mois vient du monde ou du panier.

Ticket moyen = CA HT ÷ Nombre de couverts

42 000 € HT ÷ 1 400 couverts = 30 € par couvert.

Comment le lire —
Une baisse à couverts stables signale un changement de ce que les gens commandent : carte, suggestions, ou vente additionnelle.
Erreur fréquente —
Le calculer en TTC, ou le comparer entre le midi et le soir comme s’il s’agissait du même service.

Food cost

La part du prix de vente qui part en matières premières, calculée plat par plat.

Food cost (%) = Coût matière ÷ Prix de vente HT × 100

Un plat à 7,95 € de matières vendu 23,64 € HT est à 33,6 %.

Comment le lire —
Par plat, avec le volume vendu. Un plat à 40 % vendu deux cents fois rapporte plus qu’un plat à 22 % vendu dix fois.
Erreur fréquente —
Oublier le parage. Pour utiliser 700 g avec 20 % de perte, il faut en acheter 875 g — et non 840.

Ratio matière

La même idée que le food cost, mais à l’échelle de l’établissement et sur des achats réels.

Ratio matière (%) = Consommation réelle ÷ CA HT × 100

Stock 8 400 € + achats 22 100 € − stock 7 900 € = 22 600 € consommés, soit 53,8 % d’un CA de 42 000 €.

Comment le lire —
L’écart avec le food cost théorique est l’information : il chiffre les pertes, le sur-portionnage et la casse.
Erreur fréquente —
Le calculer sans inventaire, en assimilant les achats du mois à la consommation. Un mois de gros réassort paraît alors catastrophique.

Ratio de masse salariale

Ce que coûte le travail rapporté à ce qu’il produit. Deuxième poste après la matière.

Ratio (%) = Masse salariale ÷ CA HT × 100

13 400 € de salaires bruts sur 42 000 € de CA HT = 31,9 %.

Comment le lire —
Précisez toujours de quoi vous parlez : salaires bruts ou coût employeur. Les deux se nomment pareil et diffèrent d’environ un tiers.
Erreur fréquente —
Comparer son ratio en brut à celui d’un confrère qui parle en coût employeur, et en conclure qu’on est très performant.

CA par heure travaillée

Ce que rapporte une heure de présence. Le meilleur signal pour savoir si un planning est dimensionné juste.

CA par heure = CA HT ÷ Nombre d’heures travaillées

12 000 € HT sur 300 heures = 40 € de CA par heure travaillée.

Comment le lire —
Entre services comparables, et dans le temps. Un midi et un samedi soir n’ont pas la même densité.
Erreur fréquente —
Utiliser les heures planifiées au lieu des heures réellement effectuées. L’écart est précisément ce qu’on cherche à voir.

Comment les utiliser ensemble

Pris isolément, chacun de ces chiffres se laisse raconter n’importe quelle histoire. Pris ensemble, ils se contredisent quand quelque chose ne va pas — et c’est cette contradiction qui est informative.

Un CA en hausse avec un ticket moyen en baisse signifie plus de monde pour moins cher : la charge de travail augmente plus vite que la recette.

Un ratio matière qui dérape à food cost théorique stable ne vient pas de la carte : il vient des pertes, du sur-portionnage ou de la casse.

Un CA par heure qui baisse à CA constant veut dire qu’on a mis plus de monde pour faire la même chose.

Questions fréquentes

À quelle fréquence les suivre ?

Le CA et les couverts au quotidien, le ticket moyen à la semaine, les ratios au mois — ils dépendent d’inventaires. Un indicateur suivi plus souvent que sa donnée source ne bouge ne fait que du bruit.

Existe-t-il des valeurs de référence ?

Nous n’en publions pas. Elles circulent beaucoup et se vérifient mal : elles dépendent du type de cuisine, du positionnement, de la région et de la saison. Comparez-vous à vous-même, sur douze mois glissants.

Faut-il tous les suivre dès le départ ?

Non. Commencez par le CA, les couverts et le ticket moyen : ils ne demandent aucun inventaire et expliquent déjà beaucoup. Les ratios viennent quand la discipline d’inventaire est en place.

Le prime cost est-il utile ?

La somme du ratio matière et du ratio de masse salariale donne une vue rapide des deux premiers postes. C’est un raccourci pratique, à condition de savoir lequel des deux bouge — l’addition seule ne le dit pas.

À lire ensuite

Ces indicateurs se tiennent très bien dans un tableur, à condition d’y reverser fidèlement le CA, les heures et les inventaires. HOP Suite les lit depuis les données déjà saisies ailleurs, ce qui évite la ressaisie mensuelle — et les contradictions qu’elle finit toujours par créer.